Fiscaliste sans être avocat : quelles réalités en France en 2026 ?
Peut-on être fiscaliste sans être avocat ? Découvrez les formations, les limites légales et les différences concrètes entre fiscaliste et avocat fiscaliste

Oui, le terme « fiscaliste » n'est pas un titre protégé en France. Toute personne disposant des compétences en droit fiscal peut se présenter comme fiscaliste, sans être avocat ni passer le CAPA. En revanche, seul l'avocat fiscaliste inscrit au barreau peut représenter un contribuable devant les juridictions fiscales et bénéficier du secret professionnel absolu garanti par la loi n°71-1130 du 31 décembre 1971.
« Fiscaliste » n'est pas un titre réglementé en France. C'est la réponse directe à la question que se posent de nombreux étudiants en droit ou professionnels en reconversion. Le terme désigne un spécialiste de la fiscalité, mais il ne confère aucun monopole légal. Cette absence de protection emporte des conséquences concrètes : un fiscaliste non-avocat peut conseiller et optimiser, mais ne peut ni plaider devant un tribunal administratif, ni revendiquer le secret professionnel absolu de l'avocat. Voici ce qui distingue ces deux réalités professionnelles, trop souvent confondues dans les classements SERP dominés par des contenus québécois inapplicables en droit français.
Comparatif en un coup d'œil
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| Profil | Titre protégé | Formation minimale | Représentation en justice | Secret professionnel | Encadrement déontologique |
|---|---|---|---|---|---|
| Fiscaliste salarié (entreprise/cabinet) | Non | Bac +5 (master droit fiscal, école de commerce + MSc) | Non. Ne peut pas saisir le tribunal administratif. | Non. Confidentialité contractuelle uniquement. | Faible. Contrat de travail + règlement intérieur de l'employeur. |
| Conseiller fiscal indépendant | Non | Aucune légalement requise (bac +5 recommandé) | Non. Ne peut pas plaider ni signer une requête. | Non. Aucune protection spécifique face à l'administration. | Inexistant au plan légal. Vérifier assurances et RC Pro. |
| Avocat fiscaliste | Oui (avocat inscrit au barreau) | Master 2 + CAPA + école d'avocats (EDA) + serment | Oui. Monopole de représentation devant le TA. | Oui. Secret absolu (art. 66-5, loi du 31/12/1971). | Fort. Ordre des avocats + CNB + assurance RCP obligatoire. |
Fiscaliste et avocat fiscaliste : deux réalités très différentes
La confusion entre ces deux termes est l'erreur la plus répandue chez les particuliers comme chez les étudiants. Un arrêté ministériel ou un décret n'a jamais défini le mot « fiscaliste ». Aucune carte professionnelle, aucun serment, aucune inscription obligatoire à un ordre n'encadre ce vocable. L'avocat fiscaliste, lui, exerce sous le double sceau du CAPA et de son inscription au barreau.
Cette distinction n'est pas cosmétique. Elle détermine ce que chaque professionnel peut faire : et ce qu'il risque à le faire sans y être autorisé. Un fiscaliste salarié d'un cabinet de conseil qui se présenterait comme avocat commettrait le délit d'usurpation de titre, puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende (art. 433-17 du Code pénal). L'inverse est tout aussi vrai : rien n'interdit à un avocat de se dire fiscaliste.
Pour le particulier qui cherche un conseil, l'enjeu est ailleurs. Selon le profil choisi, la confidentialité des échanges, la possibilité de contester un redressement devant un juge et l'étendue de la couverture assurantielle ne sont pas les mêmes. Le Conseil national des barreaux (CNB) rappelle régulièrement que le monopole de la représentation en justice est une garantie pour le justiciable, pas un privilège corporatiste.
Le terme « fiscaliste » n'est pas réglementé en France
Aucun texte législatif ou réglementaire ne définit le titre de fiscaliste. Contrairement à l'expert-comptable (ordonnance du 19 septembre 1945) ou au notaire (statut de l'office notarial), le fiscaliste n'appartient à aucune profession réglementée. Résultat concret : un diplômé d'école de commerce, un juriste d'entreprise ou un consultant indépendant peut légalement se présenter comme fiscaliste sans avoir jamais passé le CAPA ni prêté serment.
Cette liberté a une contrepartie directe pour le client. L'absence de régulation signifie qu'aucune instance disciplinaire : équivalente au conseil de l'Ordre des avocats : ne peut être saisie en cas de faute professionnelle. La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) ne reconnaît d'ailleurs au fiscaliste non-avocat aucun statut procédural particulier : il ne peut ni signer une réclamation contentieuse en lieu et place du contribuable, ni l'assister lors d'une séance de la commission des impôts directs.
L'avocat fiscaliste : un avocat spécialisé, pas un métier à part
L'avocat fiscaliste est d'abord un avocat, inscrit à un barreau français, ayant prêté le serment prévu par la loi n°71-1130 du 31 décembre 1971 portant réforme de certaines professions judiciaires et juridiques. Sa spécialisation en droit fiscal : par un master 2, un DU ou une pratique intense : ne crée pas une profession distincte. C'est une coloration de son exercice, pas un titre additionnel.
Cette appartenance au barreau emporte trois garanties structurelles pour le client : le secret professionnel absolu (art. 66-5 de la loi de 1971), une assurance responsabilité civile professionnelle obligatoire souscrite auprès du barreau, et la possibilité de représenter le contribuable devant le tribunal administratif en cas de contentieux fiscal. Le CNB contrôle le respect de ces obligations via son règlement intérieur national. Aucun fiscaliste non-avocat ne peut offrir ce niveau de protection : c'est un fait juridique, pas un jugement de compétence.
Quelles études pour exercer en fiscalité sans le barreau ?
Devenir fiscaliste sans avocat impose un parcours académique exigeant, même s'il dispense du CAPA et de l'école d'avocats (EDA). La voie principale reste le master en droit fiscal, accessible après une licence en droit. Les recruteurs : cabinets de conseil, directions fiscales des grands groupes, banques d'affaires : valorisent également les doubles cursus qui combinent technique juridique et culture financière.
L'erreur classique des étudiants consiste à croire qu'un simple BTS comptabilité ou une licence AES suffit pour se positionner comme fiscaliste. Dans les faits, le marché de l'emploi attend un bac +5 minimum (source CIDJ). La fiscalité des entreprises, la TVA intracommunautaire, les prix de transfert ou la gestion des contrôles fiscaux requièrent une technicité que ni un bachelor ni une licence n'apportent. Même en formation continue, un professionnel issu de la comptabilité devra généralement compléter par un diplôme universitaire (DU) ou un mastère spécialisé.
Le master en droit fiscal : voie principale
Les masters 2 en droit fiscal : parcours « droit fiscal » ou « fiscalité » : sont proposés par la plupart des facultés de droit françaises (Paris I Panthéon-Sorbonne, Paris II Panthéon-Assas, Aix-Marseille, Lyon III, Toulouse I Capitole, etc.). Ces formations couvrent l'imposition des particuliers (IR, IFI, droits de mutation), la fiscalité des entreprises (IS, intégration fiscale) et la TVA. Certains intègrent un volet « fiscalité internationale » ou « fiscalité du patrimoine ».
L'admission se fait sur dossier, souvent après une première année de master (M1) en droit des affaires ou droit public. Le stage de fin d'études : typiquement 4 à 6 mois dans un cabinet d'avocats, une direction fiscale ou un Big Four : constitue le principal tremplin vers l'emploi. Un étudiant qui valide un tel master peut intégrer un cabinet de conseil comme consultant fiscal sans jamais passer par la case barreau.
La double compétence droit + gestion : un atout recherché
Un diplômé de grande école de commerce (HEC, ESSEC, ESCP, EM Lyon, EDHEC) titulaire d'un MSc ou d'un mastère spécialisé en droit fiscal, ou d'un double diplôme université-école, peut parfaitement exercer comme fiscaliste en entreprise. Cette combinaison est même particulièrement valorisée en transaction services (due diligence fiscale lors de fusions-acquisitions) et en fiscalité financière.
La différence avec le cursus universitaire pur tient à l'approche : l'école de commerce forme davantage à la modélisation financière et à l'analyse de deals, quand la faculté ancre la réflexion dans la hiérarchie des normes et la méthodologie du syllogisme juridique. Les deux voies sont légitimes. Ni l'une ni l'autre ne confère le droit de représenter un client devant le tribunal administratif.
Les certifications professionnelles complémentaires
Plusieurs certifications peuvent renforcer la crédibilité d'un fiscaliste non-avocat sans pour autant lui ouvrir les prérogatives du barreau. Le diplôme d'expertise comptable (DEC), bien qu'orienté comptabilité, inclut une épreuve de droit fiscal approfondie. Le certificat « Fiscalité » délivré par certaines ESC ou instituts spécialisés (ICH, CNAM) atteste d'une compétence technique sans valeur réglementaire.
Dans le secteur bancaire et assurantiel, la certification AMF (Autorité des marchés financiers) peut compléter un profil de fiscaliste patrimonial. Ces certifications ont une utilité commerciale et signalent un niveau de compétence. Elles ne modifient en rien le périmètre légal d'intervention : un fiscaliste certifié AMF n'en demeure pas moins dépourvu du droit de plaider.
L'essentiel
- « Fiscaliste » n'est pas un titre protégé : aucun diplôme obligatoire, aucune inscription à un ordre. L'avocat fiscaliste est un avocat inscrit au barreau, titulaire du CAPA.
- Le fiscaliste non-avocat peut conseiller, optimiser, préparer les déclarations et assister lors d'un contrôle. Il ne peut pas représenter un contribuable devant le tribunal administratif.
- Le secret professionnel de l'avocat (art. 66-5, loi de 1971) est absolu et protège les correspondances, y compris en cas de perquisition fiscale. La confidentialité contractuelle du fiscaliste non-avocat n'offre pas cette garantie.
- Les formations : master 2 en droit fiscal (voie universitaire) ou double cursus école de commerce + droit. Le CAPA et l'école d'avocats (EDA) ne sont pas requis pour exercer comme fiscaliste en entreprise ou en conseil.
- En présence d'un risque contentieux (redressement, proposition de rectification), le recours à un avocat fiscaliste est juridiquement indispensable. La perte d'un délai de recours contentieux est irréversible.
Ce qu'un fiscaliste non-avocat peut faire : et ce qui lui est interdit
Le périmètre d'action du fiscaliste sans barreau est large, mais il bute sur deux frontières infranchissables : la représentation en justice et la protection du secret professionnel. La loi du 31 décembre 1971 réserve aux avocats le monopole de l'assistance et de la représentation devant les juridictions, sous réserve des exceptions prévues pour certaines professions (experts-comptables devant le juge des contentieux de la protection, par exemple). La fiscalité contentieuse n'entre pas dans ces exceptions.
Beaucoup de contribuables découvrent cette limite au pire moment : en pleine procédure de redressement. Un consultant fiscaliste qui les a accompagnés pour la déclaration et l'optimisation ne peut plus rien pour eux dès que le dialogue avec l'administration se judiciarise. La facture peut être lourde : une requête mal formée devant le tribunal administratif ou un mémoire non conforme aux règles de procédure entraîne l'irrecevabilité.
Conseil, optimisation, déclarations : missions accessibles
Un fiscaliste non-avocat peut légalement exercer les missions suivantes, que ce soit en cabinet de conseil, en entreprise ou comme indépendant :
- Conseil en optimisation fiscale : structuration de l'épargne, choix du régime d'imposition (IR/IS pour les sociétés), arbitrage entre dividendes et rémunération.
- Établissement des déclarations fiscales : liasse fiscale, déclaration 2042, 2072, déclarations de TVA, dans le respect des textes applicables.
- Audit et due diligence fiscale : revue des risques fiscaux dans le cadre de cessions ou acquisitions, évaluation des passifs sociaux et fiscaux.
- Assistance lors d'un contrôle fiscal : préparation des réponses aux demandes de l'administration, participation aux rendez-vous avec le vérificateur (sans représentation juridique formelle).
- Contentieux administratif non juridictionnel : rédaction de réclamations contentieuses, de demandes de remise gracieuse auprès de la DGFiP.
Le point commun de ces missions ? Elles se déroulent en amont ou en marge du prétoire. Dès qu'un acte de procédure juridictionnelle est nécessaire, le fiscaliste non-avocat doit passer la main.
Représentation devant les juridictions fiscales : réservée aux avocats
Le tribunal administratif est la juridiction compétente pour les litiges fiscaux (impôts directs, TVA, taxes assimilées). L'article R. 431-1 du Code de justice administrative impose que les requêtes soient présentées par un avocat, sauf exceptions limitativement énumérées (contentieux des élections, pensions, etc.). La matière fiscale n'entre pas dans ces exceptions.
Concrètement, un contribuable qui reçoit une décision de rejet de sa réclamation contentieuse et souhaite la contester devant le tribunal administratif doit impérativement mandater un avocat. Le fiscaliste non-avocat qui rédigerait et signerait la requête à sa place exposerait son client à une irrecevabilité immédiate : et le délai de recours de deux mois à compter de la notification serait perdu. C'est la chausse-trape la plus fréquente en pratique fiscale contentieuse.
Cette règle connaît une atténuation devant certaines commissions (commission des impôts directs, commission de conciliation) où l'assistance par un conseil non-avocat est tolérée. Mais la commission rend un avis, pas une décision juridictionnelle.
Secret professionnel : une protection qui n'est pas identique
L'avocat est tenu au secret professionnel dans des conditions définies par l'article 66-5 de la loi du 31 décembre 1971 : « En toutes matières, que ce soit dans le domaine du conseil ou dans celui de la défense, les consultations adressées par un avocat à son client ou destinées à celui-ci, les correspondances échangées entre le client et son avocat […] sont couvertes par le secret professionnel. » Ce secret est absolu, général et d'ordre public.
Un fiscaliste salarié d'un cabinet de conseil est tenu à une obligation de confidentialité par son contrat de travail, mais celle-ci n'a ni la même étendue ni la même force juridique. Elle ne fait pas obstacle à une perquisition de l'administration fiscale dans les locaux du cabinet. Les documents détenus par l'avocat fiscaliste, en revanche, bénéficient d'une protection renforcée lors d'une visite domiciliaire (art. L. 16 B du Livre des procédures fiscales). Cette différence devient cruciale en cas de contrôle fiscal du client lui-même : le secret de l'avocat protège les correspondances, pas celui du consultant.
Cas pratique : particulier face à un contrôle fiscal, quel professionnel choisir ?
Prenons un scénario concret pour mesurer l'impact du choix du professionnel. Ces situations, les directions fiscales des cabinets d'avocats en traitent plusieurs centaines par an.
Scénario : redressement fiscal d'un auto-entrepreneur
M. Lefèvre, consultant indépendant en stratégie, déclare 45 000 € de chiffre d'affaires annuel en micro-BNC. En mars 2026, il reçoit un avis de vérification de comptabilité portant sur les années 2023 et 2024. L'administration lui reproche d'avoir minoré ses recettes et réclame 8 500 € de rappel d'impôt sur le revenu, majorations comprises.
M. Lefèvre consulte un fiscaliste salarié d'un cabinet de conseil parisien. Celui-ci analyse le dossier, constate que l'administration a extrapolé les recettes à partir d'un seul mois d'activité et rédige une réponse argumentée. Le dialogue avec le vérificateur aboutit à un compromis : le rappel est ramené à 3 200 €. M. Lefèvre accepte.
Mais si l'administration avait maintenu sa position, le fiscaliste n'aurait pas pu saisir le tribunal administratif. M. Lefèvre aurait dû, dans les deux mois suivant le rejet de sa réclamation, trouver un avocat fiscaliste pour introduire la requête : avec le risque de perdre le fil d'un dossier que l'avocat n'aurait pas suivi dès l'origine.
Qui peut représenter le contribuable devant le tribunal administratif ?
La réponse tient en une phrase : seul l'avocat inscrit au barreau peut déposer et signer une requête devant le tribunal administratif en matière fiscale (art. R. 431-1 du Code de justice administrative). Le fiscaliste non-avocat, aussi compétent soit-il, ne peut pas.
Dans le cas de M. Lefèvre, s'il avait choisi un avocat fiscaliste dès la réception de l'avis de vérification, ce professionnel aurait pu :
- superviser l'ensemble de la procédure, de la première réponse au vérificateur jusqu'à la plaidoirie éventuelle ;
- opposer le secret professionnel à toute demande de l'administration concernant ses échanges avec son client ;
- engager sa responsabilité civile professionnelle, couverte par l'assurance obligatoire du barreau, en cas d'erreur de procédure.
Le surcoût immédiat de l'avocat : des honoraires variant selon la complexité : doit être mis en balance avec le risque d'irrecevabilité et la perte définitive du droit à contester. Pour un rappel de 8 500 €, l'arbitrage mérite réflexion. Découvrez dans quelles situations consulter un avocat fiscaliste pour un éclairage complet sur ces critères de choix.
Tableau comparatif : fiscaliste salarié, conseiller fiscal, avocat fiscaliste
Trois profils coexistent sur le marché français de la fiscalité. Leurs prérogatives juridiques ne sont pas interchangeables. Le tableau ci-dessous synthétise les critères décisifs pour un particulier ou une entreprise qui doit choisir son interlocuteur.
La colonne « représentation en justice » constitue le discriminant principal : c'est un monopole légal, pas une option commerciale. La colonne « secret professionnel » distingue la protection absolue (ordre public) de la simple confidentialité contractuelle, qui cède face à une perquisition de l'administration fiscale.
Attention : un conseiller fiscal indépendant qui n'est ni avocat ni expert-comptable exerce dans un cadre juridique très peu encadré. Vérifier ses assurances et ses références avant de lui confier des déclarations fiscales engageant votre responsabilité personnelle de contribuable.
Salaire et débouchés : fiscaliste vs avocat fiscaliste
Les rémunérations varient fortement selon le secteur d'exercice (cabinet, entreprise, administration), la localisation géographique et le niveau d'expérience. Aucune grille officielle ne fixe les salaires des fiscalistes non-avocats, et les données disponibles sont souvent agrégées par les cabinets de recrutement sans ventilation précise par statut.
Ce qui est certain : l'avocat fiscaliste supporte des charges de structure (cotisations ordinales, assurance RCP, contribution au fonds de financement de l'aide juridique) qu'un fiscaliste salarié en entreprise n'assume pas. La comparaison brute des rémunérations doit donc être lue avec prudence, car revenu net disponible et protection sociale ne sont pas équivalents.
Fiscaliste en entreprise ou en cabinet de conseil
Un fiscaliste junior titulaire d'un master 2, recruté dans un cabinet de conseil (Big Four, cabinets mid-tier) ou dans une direction fiscale de grand groupe, peut prétendre à une rémunération brute annuelle comprise entre 35 000 € et 45 000 € en début de carrière en Île-de-France, selon les données du marché. En région, ces montants sont généralement inférieurs de 10 à 15 %.
Avec cinq à huit ans d'expérience, un fiscaliste confirmé peut atteindre 60 000 € à 80 000 € bruts annuels. Les postes de directeur fiscal ou de « head of tax » dans les entreprises du CAC 40 dépassent fréquemment les 120 000 € annuels, auxquels s'ajoutent bonus et intéressement. Ces fourchettes sont indicatives et dépendent du secteur (la banque et l'assurance rémunèrent généralement mieux que l'industrie).
Pour une vue d'ensemble des missions qui justifient ces niveaux de rémunération, consultez notre article sur le rôle et les missions de l'avocat fiscaliste.
Avocat fiscaliste : rémunération selon l'expérience et la structure
La rémunération d'un avocat fiscaliste dépend de son mode d'exercice. En collaboration dans un cabinet d'avocats d'affaires (structure classique pour les débutants), la rétrocession d'honoraires se situe généralement entre 3 000 € et 5 000 € mensuels bruts en première ou deuxième année de collaboration, avec des variations considérables selon la taille du cabinet, sa localisation et sa clientèle.
En cabinet anglo-saxon (Magic Circle, White Shoe firms), ces montants peuvent être sensiblement plus élevés. Un avocat fiscaliste senior, associé d'un cabinet, perçoit une rémunération liée aux résultats de la structure : les revenus annuels peuvent alors dépasser 150 000 €, sans qu'aucune statistique publique ne permette de donner une moyenne fiable. Ces données doivent être interprétées comme des ordres de grandeur. Pour des repères plus précis sur les tarifs pratiqués, notre guide des honoraires d'un avocat fiscaliste détaille les modes de facturation les plus courants.
Comment choisir le bon professionnel selon votre situation ?
Le choix dépend moins de la compétence que de l'enjeu juridique. Un contribuable qui souhaite optimiser sa déclaration d'impôt sur le revenu, structurer son épargne ou vérifier l'éligibilité à un dispositif de défiscalisation (Pinel, Malraux, IR-PME) peut parfaitement consulter un fiscaliste non-avocat, à condition de vérifier ses qualifications et ses assurances.
Dès qu'un risque contentieux apparaît : proposition de rectification, mise en demeure, convocation à un entretien avec le vérificateur : , l'avocat fiscaliste devient le professionnel juridiquement armé pour protéger les droits du contribuable. Le surcoût immédiat de ses honoraires doit être évalué à l'aune du risque fiscal encouru. Un redressement de 50 000 € contesté tardivement par un requête irrecevable coûte bien plus cher que la consultation préventive d'un avocat spécialisé.
Pour approfondir cette question et disposer de critères de décision concrets, notre article Avocat fiscaliste : 6 situations où le consulter identifie les cas précis où son intervention est indispensable.
Sources
Fiche pratique
| Base légale | Loi n°71-1130 du 31 décembre 1971 (monopole de la représentation en justice) |
| Article clé secret professionnel | Art. 66-5 de la loi du 31 décembre 1971 (secret absolu de l'avocat) |
| Juridiction compétente en fiscalité | Tribunal administratif (art. R. 431-1 du Code de justice administrative) |
| Délai de recours contentieux fiscal | 2 mois à compter de la notification de la décision de rejet de la réclamation |
| Formation minimale fiscaliste non-avocat | Bac +5 (master en droit fiscal, MSc, mastère spécialisé) |
| Statut du titre « fiscaliste » | Non protégé : pas de carte professionnelle, pas d'ordre, pas de serment |
| Professionnel habilité à plaider | Avocat inscrit au barreau (CAPA + prestation de serment) |
| Contacts officiels | Conseil national des barreaux (cnb.avocat.fr) ; service-public.fr (vosdroits/service-public.fr/particuliers/vosdroits/N19806) |
Ces éléments sont d'ordre général et ne sauraient remplacer une consultation juridique. Pour un cas précis, adressez-vous à un avocat ou à un professionnel du droit.
Questions fréquentes
Quelles études pour devenir avocat fiscaliste ?
Le parcours complet pour devenir avocat fiscaliste comprend : une licence en droit (3 ans), un master 1 en droit (1 an), un master 2 en droit fiscal ou fiscalité (1 an), l'examen d'entrée au CRFPA (Centre régional de formation à la profession d'avocat), 18 mois de formation à l'école d'avocats (EDA) et la réussite au CAPA. L'inscription au barreau clôture ce parcours de 7 à 8 années d'études supérieures.
Est-ce qu'un avocat peut remplacer un notaire ?
Non. L'avocat fiscaliste et le notaire exercent deux professions réglementées distinctes, avec des monopoles différents. Le notaire détient le monopole de l'authentification des actes (acte authentique) pour les ventes immobilières, les donations et les contrats de mariage. L'avocat, même fiscaliste, ne peut pas dresser un acte authentique. En revanche, il peut conseiller sur la fiscalité d'une transmission patrimoniale et rédiger les actes sous seing privé.
Quel type d'avocat gagne le plus ?
Les rémunérations les plus élevées se concentrent dans les cabinets d'avocats d'affaires internationaux (fusions-acquisitions, droit fiscal, droit boursier) et chez les associés de cabinets anglo-saxons à Paris. Les avocats fiscalistes figurent parmi les spécialités les mieux rémunérées, aux côtés du droit des sociétés et du capital-investissement. Ces niveaux de revenus concernent une minorité de la profession et ne reflètent pas la rémunération médiane des avocats en France.
Quel est le salaire d'un avocat fiscaliste ?
Un avocat fiscaliste collaborateur débutant perçoit généralement entre 3 000 € et 5 000 € bruts mensuels en cabinet d'affaires parisien, avec des variations fortes selon la taille et la notoriété du cabinet. Les associés de grands cabinets peuvent dépasser 150 000 € annuels. Ces montants sont des ordres de grandeur indicatifs : la rémunération exacte dépend du mode d'exercice (collaboration libérale, salariat, association), de la clientèle et de la localisation géographique.
Un fiscaliste non-avocat peut-il représenter un contribuable lors d'un contrôle fiscal ?
Oui, partiellement. Le fiscaliste non-avocat peut assister le contribuable lors des rendez-vous avec le vérificateur, préparer les réponses écrites aux demandes de l'administration et rédiger les réclamations contentieuses. Il ne peut en revanche ni signer une requête devant le tribunal administratif, ni plaider, ni se prévaloir du secret professionnel absolu de l'avocat. Dès qu'un acte de procédure juridictionnelle est nécessaire, le recours à un avocat devient obligatoire.
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